La taxe de séjour location saisonnière ne coûte rien au propriétaire, puisque c’est le voyageur qui la paie, mais elle engage sa responsabilité : son calcul, sa collecte et son reversement obéissent à des règles précises, qui changent selon que le meublé est classé ou non. Pour une villa ou un appartement de prestige, l’écart entre les deux régimes est réel, et les taxes additionnelles alourdissent la note en Provence-Alpes-Côte d’Azur, plus encore en Île-de-France. Ce guide détaille le calcul, le rôle des plateformes et les déclarations, avec les exemples de Paris, Saint-Tropez et Ramatuelle (informations générales à jour d’octobre 2026, à valider avec un professionnel du droit ou de la fiscalité selon votre situation).
Taxe de séjour location saisonnière : qui la paie, qui la fixe, qui la collecte
La taxe de séjour est une recette des communes et de certaines intercommunalités, destinée à financer les dépenses liées à la fréquentation touristique. Elle est due par le voyageur, non par le propriétaire, qui intervient comme collecteur : il l’ajoute au prix du séjour, la fait apparaître distinctement sur la facture, puis la reverse à la collectivité ; elle n’est pas soumise à la TVA (economie.gouv.fr, janvier 2026). Chaque collectivité décide si elle l’institue, sur quelles natures d’hébergement, à quels tarifs et sur quelle période de l’année. La délibération doit être adoptée avant le 1er juillet pour s’appliquer l’année suivante (art. L2333-30 du code général des collectivités territoriales), ce qui explique que deux villas comparables, situées dans deux communes voisines, ne génèrent pas la même taxe. Sur la presqu’île, Saint-Tropez et Ramatuelle n’appliquent par exemple pas le même plafond aux meublés non classés, une nuance qu’une conciergerie de luxe à Saint-Tropez connaît par la pratique. Deux régimes coexistent enfin. Au réel, la taxe se calcule par personne et par nuitée, selon le nombre de voyageurs effectivement accueillis. Au forfait, c’est l’hébergeur qui la paie, sur la base de sa capacité d’accueil et du nombre de nuitées de la période, avec un abattement possible de 10 % à 80 %, quel que soit le taux de remplissage réel. Le choix entre ces deux régimes appartient à la collectivité, et non au loueur, qui doit simplement vérifier celui qui s’applique à sa catégorie d’hébergement.
Au réel, plusieurs catégories de personnes sont exonérées : les mineurs de moins de 18 ans, les titulaires d’un contrat de travail saisonnier employés dans la commune, les personnes bénéficiant d’un hébergement d’urgence ou d’un relogement temporaire, et les occupants de locaux dont le loyer est inférieur à un seuil fixé par la collectivité (economie.gouv.fr). Pour une maison familiale accueillant des enfants, la différence est sensible, ce qui suppose de connaître précisément la composition du groupe avant l’arrivée, information que les échanges préalables permettent de recueillir. Le régime au réel impose aussi une discipline documentaire : chaque séjour doit pouvoir être justifié par sa date, son adresse, le nombre de personnes, le nombre de nuitées et, pour les meublés non classés, le prix de la nuitée, puisque ce sont les éléments que les collecteurs déclarent à la collectivité (art. L2333-34 CGCT). Le logeur demeure responsable du reversement, même lorsqu’un tiers collecte pour lui. À défaut de déclaration ou en cas de retard, le maire ou le président de l’intercommunalité peut engager une taxation d’office après mise en demeure, avec un avis motivé adressé au moins trente jours avant la mise en recouvrement, et tout retard de versement entraîne un intérêt de 0,20 % par mois (economie.gouv.fr). En pratique, la tenue d’un registre des séjours, même simple, facilite les déclarations périodiques et permet de répondre sans délai à une demande de la collectivité. Elle rend aussi possible un contrôle croisé entre les nuitées déclarées par les plateformes et celles réellement constatées, ce qui protège le propriétaire autant que la commune.

Taxe de séjour meublé non classé : un calcul proportionnel plafonné
Pour les hébergements sans classement ou en attente de classement, la taxe n’est pas un montant fixe mais un pourcentage. La commune choisit un taux compris entre 1 % et 5 %, appliqué au coût de la nuitée par personne, hors taxes, dans la limite du tarif le plus élevé qu’elle a adopté pour les autres catégories (art. L2333-30 CGCT). À Paris comme à Saint-Tropez, ce tarif le plus élevé est celui des palaces. La règle pèse particulièrement sur les biens haut de gamme : plus le prix de la nuitée est élevé, plus le plafond est vite atteint, si bien qu’une villa d’exception non classée paie le plus souvent le tarif maximal de la commune. Cette taxe obéit à une logique distincte de la fiscalité de la location courte durée : il ne s’agit pas d’un impôt sur vos revenus, mais d’une somme que vous collectez pour le compte de la collectivité et que vous ne conservez pas. Les fourchettes nationales, revalorisées chaque 1er janvier selon l’inflation, encadrent les tarifs que chaque collectivité peut voter. Le tableau ci-dessous reprend le barème 2026 publié par le ministère de l’Économie, hors taxes additionnelles, catégorie par catégorie, pour les hébergements qui concernent le plus souvent une location haut de gamme. Le taux exact et le plafond applicables figurent dans la délibération de votre commune, généralement publiée sur son portail de taxe de séjour.
| Catégorie d’hébergement | Tarif 2026 par personne et par nuitée |
|---|---|
| Palaces | De 0,70 € à 4,90 € |
| Hôtels, résidences et meublés 5 étoiles | De 0,70 € à 3,60 € |
| Meublés 4 étoiles | De 0,70 € à 2,60 € |
| Meublés 3 étoiles | De 0,50 € à 1,70 € |
| Meublés 2 étoiles | De 0,30 € à 1,00 € |
| Meublés 1 étoile, chambres d’hôtes | De 0,20 € à 0,80 € |
| Meublés non classés | 1 % à 5 % du coût HT par personne, plafonné au tarif le plus élevé de la commune |
Le calcul se fait en quatre temps. On divise d’abord le prix hors taxes de la nuitée par le nombre total d’occupants, mineurs compris, même s’ils sont exonérés. On applique ensuite le taux communal à ce coût par personne et on le compare au plafond de la commune, en retenant le plus faible des deux montants. On ajoute les taxes additionnelles, calculées sur ce montant communal. On multiplie enfin le résultat par le nombre de personnes assujetties et par le nombre de nuits. Prenons un exemple fictif, destiné à illustrer la méthode : une villa non classée de Saint-Tropez louée 4 000 € HT la nuit à huit personnes, dont deux enfants. Le coût par personne s’élève à 500 €, et 5 % de ce montant donne 25 €, bien au-delà du plafond communal de 4,80 €. C’est donc ce plafond qui s’applique, porté à 6,91 € par adulte et par nuit avec les taxes départementale et régionale. Avec six adultes, la taxe atteint 41,46 € par nuit, soit 290,22 € pour une semaine. À Saint-Tropez, le plafond est atteint dès que le coût dépasse 96 € HT par personne et par nuit, seuil vite franchi par une location de prestige. Pour un bien de cette catégorie, le montant final dépend donc moins du prix que du nombre d’adultes, ce qu’il est utile d’expliquer aux voyageurs qui comparent des devis.
- Diviser le prix HT de la nuitée par le nombre total d’occupants, enfants compris.
- Appliquer le taux voté par la commune, entre 1 % et 5 %.
- Retenir le plafond communal si le résultat le dépasse, puis ajouter les taxes additionnelles.
- Multiplier par le nombre d’adultes assujettis et par le nombre de nuits.
Taxe de séjour et classement : tarif fixe et taxes additionnelles
Pour un meublé classé, la logique change entièrement : la taxe devient un tarif fixe par catégorie, voté par la collectivité dans la fourchette nationale, quel que soit le prix de la nuitée. Le classement en meublé de tourisme, démarche volontaire fondée sur un référentiel de 133 critères et valable cinq ans, modifie donc directement ce que paient vos voyageurs. Pour une maison haut de gamme, l’effet est souvent favorable. Un meublé classé cinq étoiles ne peut pas se voir appliquer plus de 3,60 € de part communale en 2026, alors qu’un bien non classé de même standing paie fréquemment le tarif plafond, aligné sur celui des palaces. À Saint-Tropez, la grille 2026 fixe ainsi la taxe à 5,04 € par personne et par nuit pour un meublé cinq étoiles, taxes additionnelles comprises, contre un plafond de 6,91 € pour un meublé non classé. L’écart reste modeste sur une nuit, mais il se cumule sur une saison et sur des groupes nombreux. Le tarif fixe a un autre avantage, plus discret : il est connu à l’avance et ne dépend ni du prix ni de sa variation, ce qui simplifie la présentation du tarif total au voyageur et limite les erreurs de calcul lorsque les prix évoluent au fil de la saison. Le classement emporte par ailleurs d’autres effets, notamment fiscaux, qui relèvent d’un autre arbitrage et doivent être examinés avec votre expert-comptable avant d’engager la démarche.
À la taxe communale s’ajoutent des taxes additionnelles, calculées sur son montant et collectées en même temps. La taxe additionnelle départementale, de 10 %, s’applique lorsque le département l’a instituée. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, une taxe régionale de 34 % finance la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur, d’où les totaux observés à Saint-Tropez : 4,80 € de part communale deviennent 6,91 €. À Ramatuelle, la page de la mairie mise à jour en mars 2026 indique pour les meublés non classés un taux de 5 % du prix de la nuit par personne, augmenté des taxes départementale et régionale, le total étant plafonné à 6,19 €. En Île-de-France, la majoration est d’une autre ampleur : depuis 2025, une taxe additionnelle de 200 % est perçue au profit d’Île-de-France Mobilités, à laquelle s’ajoute une part régionale de 15 % (Ulysse, mai 2026). À Paris, le total 2026 atteint ainsi 15,93 € par personne et par nuit pour un palace, et c’est aussi le plafond appliqué aux meublés non classés taxés à 5 % (economie.gouv.fr). Pour un appartement de prestige parisien non classé, la taxe de séjour devient donc une ligne visible du prix total, qu’il vaut mieux présenter clairement au voyageur dès la réservation. Dans tous les cas, c’est le montant toutes taxes additionnelles comprises qui doit être collecté puis déclaré.

Taxe de séjour Airbnb : collecte par les plateformes et déclaration en ligne
La taxe de séjour Airbnb obéit à une règle précise. Les professionnels de la réservation en ligne qui sont intermédiaires de paiement pour le compte de loueurs non professionnels doivent collecter la taxe et la reverser à la collectivité, accompagnée d’une déclaration détaillant chaque hébergement (art. L2333-34 CGCT). Lorsque le voyageur règle son séjour par l’intermédiaire d’une grande plateforme, celle-ci se charge donc de la collecte. Les plateformes qui ne sont pas intermédiaires de paiement peuvent aussi collecter si le loueur les y habilite. Depuis le 26 juin 2024, celles qui participent à une expérimentation nationale peuvent déposer une déclaration unique pour tout le territoire (economie.gouv.fr). La collecte par la plateforme ne vous dispense pas de vigilance. Une question écrite publiée à l’Assemblée nationale en février 2026 (n° 13144) relève des reversements tardifs et des déclarations incomplètes de la part de plateformes, avec des numéros d’enregistrement ou des adresses manquants. Vérifiez que l’annonce porte le bon numéro d’enregistrement, que la catégorie déclarée (classé ou non) correspond à la réalité et que les relevés de la plateforme font apparaître la taxe collectée. Pour les réservations directes, ou celles passées par un canal qui n’encaisse pas, la collecte vous revient entièrement, ou revient à la conciergerie si le contrat le prévoit. Dans ce cas, la taxe s’ajoute au prix convenu, figure sur la facture et se déclare sur le portail de la commune, au même titre que les nuitées collectées par les plateformes.
La collecte automatique par la plateforme ne couvre que les séjours payés par son intermédiaire. Une réservation directe, un séjour prolongé réglé sur place ou un client fidèle reçu hors plateforme doivent faire l’objet d’une collecte et d’une déclaration distinctes.
La déclaration se fait désormais en ligne dans la plupart des communes touristiques, sur un portail dédié, à un rythme fixé localement : mensuel, trimestriel ou annuel. À Paris, la déclaration est mensuelle et le paiement trimestriel, sur le portail municipal en service depuis le 1er avril 2025 (economie.gouv.fr). À Saint-Tropez, la taxe se déclare chaque mois en ligne, sur une plateforme en place depuis le 1er janvier 2024, et la période de perception court du 1er janvier au 31 décembre. À Ramatuelle, le numéro d’enregistrement à treize caractères est obligatoire depuis le 1er janvier 2019, pour les résidences principales comme pour les résidences secondaires (page mairie, mars 2026). Le numéro communal reste la référence en attendant le téléservice national d’enregistrement, annoncé pour le quatrième trimestre 2026 (service-public.fr). Dans une gestion déléguée, la conciergerie retenue peut prendre en charge ces déclarations, rapprocher les relevés des plateformes des nuitées réelles et collecter la taxe sur les réservations directes, selon son offre et le contrat signé avec elle ; conciergerie.luxe vous met en relation avec elle mais n’exécute pas ces prestations. Quelle que soit l’organisation retenue, conservez les relevés et les déclarations : ils constituent votre preuve en cas de contrôle ou de taxation d’office, et servent de base pour vérifier, d’une année sur l’autre, que les montants collectés suivent bien l’activité réelle du bien. Ils permettent aussi de corriger rapidement une erreur de catégorie ou de numéro avant qu’elle ne se répète sur toute une saison.
Questions fréquentes sur la taxe de séjour en location saisonnière
La taxe de séjour est-elle à la charge du propriétaire ?
Au réel, non : elle est payée par le voyageur, le propriétaire se contentant de la collecter et de la reverser. Au forfait, en revanche, c’est l’hébergeur qui la paie sur la base de sa capacité d’accueil, qu’il la répercute ou non dans son prix.
Airbnb collecte-t-il automatiquement la taxe de séjour ?
Une plateforme qui encaisse le paiement pour le compte d’un loueur non professionnel est tenue de collecter et de reverser la taxe. Vérifiez néanmoins sur vos relevés que la taxe apparaît et que la catégorie déclarée est exacte.
Les enfants paient-ils la taxe de séjour ?
Non, les mineurs sont exonérés. Pour un meublé non classé, ils sont toutefois comptés dans le nombre d’occupants qui sert à calculer le coût de la nuitée par personne.
Le classement fait-il baisser la taxe de séjour ?
Souvent, pour un bien haut de gamme. Un meublé classé paie un tarif fixe par étoile, alors qu’un meublé non classé de prix élevé atteint généralement le plafond de la commune, souvent aligné sur le tarif des palaces.
